Observatoire pour la justice migrante

PL9 : invisibiliser pour mieux exclure 

Dans notre récente analyse, nous avons mis en évidence comment le projet de loi 9 s’inscrit dans une continuité plus large d’une construction politique et médiatique du « problème musulman » au Québec. PL9 montre comment des politiques présentées comme « neutres » peuvent dans les faits servir à réguler et contrôler la participation des personnes musulmanes, en particulier des femmes portant le...

Autres articles

Le mythe du “déclin du français” au Québec.

L’immigration, longtemps perçue par les élites politiques comme un levier démographique et économique, est progressivement devenue un enjeu identitaire au cœur du nationalisme québécois (Xhardez, 2025). L’arrivée au pouvoir de la Coalition Avenir Québec (CAQ) en 2018 a renforcé cette rhétorique, en plaçant la défense du français au centre du projet national. Rhétorique, qui s’est illustrée jusqu’au discours de démission du premier ministre, François Legault, le 14 janvier 2026, où il a réaffirmé que la protection du français restait prioritaire face à l’immigration.

De la loi 21 au projet de loi 9.

Le 27 novembre dernier, le Ministre François Roberge a déposé le projet de loi 9 qui vise à resserrer la laïcité en élargissant l’interdiction des signes religieux pour le personnel du réseau des services de garde éducatifs à l’enfance, en fermant les lieux de prière dans les cégeps/universités, en réglementant l’offre alimentaire religieuse dans les institutions publiques et en imposant des contraintes strictes aux écoles privées religieuses pour le financement étatique. Ce nouveau projet s’inscrit dans la continuité des lois 21 et 94, qui ont progressivement redéfini la laïcité de l’État.

PL1: un coup de massue dans les fondations de l’État de droit

Alors que nous sommes en pleine année pré-électorale au palier provincial et que les sondages prévoient une défaite cuisante au parti majoritaire qui compose le gouvernement actuel, la Coalition avenir Québec (CAQ) multiplie l’adoption de lois contestées sous bâillon et présente plusieurs projets de loi liberticides, dont le Projet de loi 1 pour l’adoption d’une constitution québécoise.  

Québec sacrifie l’accueil et les droits des demandeurs.ses d’asile pour faire pression sur le fédéral

Le 9 octobre, Le Devoir révélait que le ministre de l’Immigration, de la francisation et de l’intégration du Québec, Jean-François Roberge, envisageait de restreindre l’accès à l’aide sociale et à plusieurs services publics pour les demandeurs d’asile. Selon le quotidien, un mémoire interne du Ministère de l’immigration de la francisation et de l’intégration (MIFI) détaille plusieurs mesures en ce sens, qui doivent être soumises prochainement au Conseil des ministres.

Derrière C-12, l’ombre persistante de C-2: Porter atteinte aux droits des personnes migrantes au nom de la sécurité aux frontières

Le 3 juin 2025, le gouvernement fédéral dévoilait le projet de loi C-2, intitulé Strong Borders Act. Derrière ce titre, se cachait en réalité un projet de loi omnibus¹ d’une portée considérable qui prévoyait modifier une dizaine de lois touchant à des domaines aussi variés que l’immigration et l’asile, la criminalité, la sécurité publique, le terrorisme, les drogues, les douanes, les renseignements privés, les transactions financières, les communications et même la surveillance côtière. Cette approche a fait craindre, au sein de la société civile, un virage vers un État de surveillance.  

Une obsession politique qui construit la crainte d’une submersion ​

« La population du Québec diminue, une rareté dans les 70 dernières années », titrait récemment Le Devoir, en soulignant que la population avait légèrement reculé pour la première fois depuis plus d’un siècle. Ce constat apparaît pourtant en décalage avec le discours dominant: celui d’un Québec au bord de la rupture, prétendument « submergé » par l’arrivée « massive » de migrant.e.s. En réponse à cette perception minutieusement construite au fil des dernières années par les discours politiques et médiatiques, le gouvernement multiplie les mesures restrictives, notamment en ce qui concerne l’accès à la résidence permanente.

De Laval à la Floride : GardaWorld encaisse des millions publics pour enfermer des migrant·es

Alors que l’entreprise québécoise GardaWorld suscite actuellement l’indignation pour avoir décroché un contrat de plusieurs millions afin de fournir du personnel de sécurité à la prison controversée d’Everglades en Floride, surnommée « Alligator Alcatraz », une autre nouvelle, passée largement sous le radar, soulève des inquiétudes tout aussi graves : Ottawa lui a confié un contrat fédéral d’environ 26 millions de dollars sur un an pour assurer la surveillance de migrants dits « à haut risque » au Centre de surveillance de l’immigration de Laval

La charte des droits et libertés québécoises protège-t-elle les droits des personnes migrantes temporaires sous permis fermé? 

Malgré le principe d’égalité de droits, il existe de nombreuses exceptions dans nos lois qui créent des enclaves où les personnes notamment migrantes se retrouvent incapables d’exercer concrètement leurs droits.

PL94 à visage découvert 

Le 30 janvier 2025, le ministre Jean-François Roberge annonçait le dépôt du projet de loi 84 sur l’intégration nationale, affirmant que le modèle québécois d’intégration était brisé et devait s’éloigner du multiculturalisme ¹ canadien. Il proposait un « contrat social » entre l’État et les personnes immigrantes, sans pour autant en préciser les contours. Le projet, axé sur la réaffirmation de la culture québécoise comme culture commune. 

Contre la montée du fascisme, la justice migrante comme boussole

À la veille des élections fédérales canadiennes du 28 avril 2025, la question de l’immigration demeure centrale pour des millions de personnes qui vivent, travaillent et construisent leurs vies ici. Derrière chaque dossier en attente, chaque permis renouvelé ou refusé, chaque regroupement familial suspendu, se trouvent des trajectoires humaines, des espoirs, des parcours de résilience et, trop souvent, des injustices. Ces injustices frappent particulièrement les personnes se trouvant au croisement de multiples vulnérabilités, qu’elles soient raciales, économiques, genrées, linguistiques ou liées à leur statut migratoire. 

Guerre commerciale avec les États-Unis

Alors que le Québec et le Canada font face à des menaces économiques croissantes, notamment en raison de l’imposition potentielle de nouveaux tarifs douaniers provenant des États-Unis, l’attention publique se concentre fortement sur les enjeux commerciaux et la réponse gouvernementale. Une part importante de la population se rallie à des discours nationalistes valorisant l’achat local. Cette surmédiatisation occulte une décision politique majeure, passée inaperçue, mais lourde de conséquences : Québec a annoncé en février 2025 un assouplissement des exigences pour les employeur.se.s ayant commis des infractions souhaitant embaucher de nouveau des travailleurs.se.s étranger.ère.s temporaires (TET).

Resserrement des programmes d’immigration temporaire

En 2023, le nombre de résident.e.s temporaires, incluant les étudiant.e.s internationaux, les personnes en demande d’asile et les travailleur.se.s étranger.ère.s temporaires (TET) arrivé.e.s au Canada et au Québec dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), a fortement augmenté comparativement aux années précédentes.