Exclusion des enfants migrants des garderies subventionnées : Québec s’acharne

Le 9 juillet dernier, le gouvernement de la CAQ a porté un nouveau coup de massue aux droits des enfants migrants. Après des années de bataille juridique pour défendre l’accès aux garderies subventionnées pour les enfants de demandeurs d’asile, c’est au tour des enfants de travailleurs étrangers détenteurs d’un permis de travail ouvert d’être visés.
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement de François Legault s’en prend aux droits des enfants migrants. En 2018, le gouvernement québécois a modifié les règles d’admissibilité aux services de garde subventionnés (CPE), excluant expressément les enfants des familles demandeuses d’asile.
Cette décision, justifiée par des motifs budgétaires, a rapidement été contestée par plusieurs organisations communautaires et juridiques, au nom des principes d’égalité d’accès aux services publics et de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Un recours collectif a été intenté en 2019 et a été étudié par la Cour suprême du Canada en mai dernier ; le juge devrait rendre son verdict à l’automne prochain. En attendant, les familles ont toujours accès aux services subventionnés.
De Laval à la Floride : GardaWorld encaisse des millions publics pour enfermer des migrant·es

Alors que l’entreprise québécoise GardaWorld suscite actuellement l’indignation pour avoir décroché un contrat de plusieurs millions afin de fournir du personnel de sécurité à la prison controversée d’Everglades en Floride, surnommée « Alligator Alcatraz », une autre nouvelle, passée largement sous le radar, soulève des inquiétudes tout aussi graves : Ottawa lui a confié un contrat fédéral d’environ 26 millions de dollars sur un an pour assurer la surveillance de migrants dits « à haut risque » au Centre de surveillance de l’immigration de Laval.
L’entreprise GardaWorld traîne déjà derrière elle un historique d’activités pour le moins troublantes. Selon des informations relayées par le Miami Herald et le Tampa Bay Times, Garda aurait versé en 2018 un don de 5 000 $ US à la campagne électorale de Ron DeSantis, devenu depuis gouverneur de Floride et principal architecte du durcissement des politiques anti-immigration dans cet État.
Forces extractives et mobilités contraintes : analyse des responsabilités canadiennes dans les migrations latino-américaines

Dans un article précédent, nous avons examiné la définition du statut de réfugié telle que formulée dans la Convention de Genève, en montrant comment celle-ci exclut et invisibilise les personnes déplacées à cause des changements climatiques et de la dégradation de l’environnement. Or, cette dégradation n’est pas uniquement liée à la crise climatique globale. Dans de nombreux territoires du Sud global, elle est délibérément provoquée par des mégaprojets extractifs menés par des entreprises issues du Nord global: projets miniers à grande échelle, barrages hydroélectriques, monocultures industrielles, exploitation pétrolière et gazière, et bien d’autres.
La charte des droits et libertés québécoises protège-t-elle les droits des personnes migrantes temporaires sous permis fermé?

Malgré le principe d’égalité de droits, il existe de nombreuses exceptions dans nos lois qui créent des enclaves où les personnes notamment migrantes se retrouvent incapables d’exercer concrètement leurs droits.
PL94 à visage découvert

Le 30 janvier 2025, le ministre Jean-François Roberge annonçait le dépôt du projet de loi 84 sur l’intégration nationale, affirmant que le modèle québécois d’intégration était brisé et devait s’éloigner du multiculturalisme ¹ canadien. Il proposait un « contrat social » entre l’État et les personnes immigrantes, sans pour autant en préciser les contours. Le projet, axé sur la réaffirmation de la culture québécoise comme culture commune. Malgré les vives inquiétudes de la part de la société civile, et la demande formelle de plus d’une centaine d’organisations et d’une trentaine de personnalités publiques, de mettre sur pause le projet de loi en raison de sa dimension perçue comme assimilationniste, la loi a été adoptée le 28 mai 2025 en tant que Loi sur l’intégration à la nation québécoise.
Construire la figure de l’im.migrant(e) dangereux(se) pour banaliser sa criminalisation
Depuis la prise du pouvoir de Donald Trump aux États-Unis, nous assistons à une recrudescence inédite du discours anti-immigration en Amérique du Nord. Le durcissement idéologique et sécuritaire qui en découle donne lieu à un véritable régime d’exception en matière de contrôle migratoire sur tout le continent. Vous avez sûrement vu la vidéo choquante de personnes migrantes enchaînées, publiée sur le compte officiel de la Maison-Blanche, ou entendu Trump dire qu’il allait envoyer plus de 30 000 personnes sans statut au camp de Guantanamo, avant de finalement les transférer vers une prison en Louisiane. Et vous avez sûrement entendu parler de la mise en détention illégale du militant pour les droits des palestinien(ne)s Mahmoud Khali, qui pourtant est un résident permanent des États-Unis, mais que l’administration Trump cherche à déporter à tout prix.
Contre la montée du fascisme, la justice migrante comme boussole

À la veille des élections fédérales canadiennes du 28 avril 2025, la question de l’immigration demeure centrale pour des millions de personnes qui vivent, travaillent et construisent leurs vies ici. Derrière chaque dossier en attente, chaque permis renouvelé ou refusé, chaque regroupement familial suspendu, se trouvent des trajectoires humaines, des espoirs, des parcours de résilience et, trop souvent, des injustices. Ces injustices frappent particulièrement les personnes se trouvant au croisement de multiples vulnérabilités, qu’elles soient raciales, économiques, genrées, linguistiques ou liées à leur statut migratoire.
Guerre commerciale avec les États-Unis

Alors que le Québec et le Canada font face à des menaces économiques croissantes, notamment en raison de l’imposition potentielle de nouveaux tarifs douaniers provenant des États-Unis, l’attention publique se concentre fortement sur les enjeux commerciaux et la réponse gouvernementale. Une part importante de la population se rallie à des discours nationalistes valorisant l’achat local. Cette surmédiatisation occulte une décision politique majeure, passée inaperçue, mais lourde de conséquences : Québec a annoncé en février 2025 un assouplissement des exigences pour les employeur.se.s ayant commis des infractions souhaitant embaucher de nouveau des travailleurs.se.s étranger.ère.s temporaires (TET).
Personnes im.migrantes derrière les barreaux : les failles procédurales et leur impact sur le respect des droits humains

On compare souvent la situation des personnes im.migrantes détenues pour des fins administratives à celle des personnes détenues en lien avec des infractions pénales. Il existe toutefois une différence cruciale entre les deux. Les personnes incarcérées à la suite d’une accusation criminelle ont été privées de leur liberté suivant une procédure pénale qui respecte, en principe, les droits et garanties protégés par les articles 10 et 11 de la Charte canadienne des droits et des libertés. Les personnes im.migrantes, en revanche, peuvent être détenues par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) à des fins uniquement administratives.
Resserrement des programmes d’immigration temporaire : des mesures qui risquent d’amplifier la précarité et l’exclusion des personnes sous statut temporaire

En 2023, le nombre de résident.e.s temporaires, incluant les étudiant.e.s internationaux, les personnes en demande d’asile et les travailleur.se.s étranger.ère.s temporaires (TET) arrivé.e.s au Canada et au Québec dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), a fortement augmenté comparativement aux années précédentes.