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Le mythe du “déclin du français” au Québec.
Une construction politique qui prend pour cible les personnes im.migrantes
Date de publication:
Recherche, analyse et rédaction (contributions égales):
Shaimae Jorio,
et
Introduction
L’immigration, longtemps perçue par les élites politiques comme un levier démographique et économique, est progressivement devenue un enjeu identitaire au cœur du nationalisme québécois (Xhardez, 2025). L’arrivée au pouvoir de la Coalition Avenir Québec (CAQ) en 2018 a renforcé cette rhétorique, en plaçant la défense du français au centre du projet national. Rhétorique, qui s’est illustrée jusqu’au discours de démission du premier ministre, François Legault, le 14 janvier 2026, où il a réaffirmé que la protection du français restait prioritaire face à l’immigration.
Depuis quelques années, l’idée du français « en déclin » s’impose dans l’espace public comme une quasi évidence, souvent associée à l’immigration et aux transformations démographiques. Cette idée est renforcée par des chiffres sortis de leur contexte, des indicateurs biaisés et des formules politiques qui se répètent et qui finissent par fabriquer un imaginaire collectif qui ne reflète pas la réalité. Pourtant, lorsqu’on regarde les données sur l’évolution de l’usage du français, la réalité est plus nuancée.
Cet article analyse la manière dont ce récit du « déclin » s’est construit et à quoi il sert politiquement. Il met en lumière les écarts entre les discours, les données et les politiques mises en place, et examine comment la langue devient un marqueur d’appartenance qui sert à trier, stigmatiser et exclure certains groupes.
Le « déclin du français » : une construction idéologique
La rhétorique du « déclin du français » n’est pas nouvelle. Elle s’ancre dans un imaginaire ancien où la survie linguistique incarne la survie identitaire dans un contexte de nation sous-étatique¹ qui aspire à la souveraineté.
Cet imaginaire s’est cristallisé notamment, le soir du référendum de 1995, quand la défaite a été expliquée par le premier ministre de l’époque, Jacques Parizeau, comme étant causée par « l’argent » et les « votes ethniques ». Le discours sur la fragilité du français au Québec s’inscrit dans une mémoire collective ancienne qui mobilise un affect de la « survie » et qui au-delà de la protection est mobilisé aujourd’hui comme une ressource politique pour opposer un « nous » national homogène et un « eux » perçu comme menaçant, et associé à l’immigration.
Selon Therrien et Marcoux (2025), ces dernières années ont marqué un tournant majeur dans la couverture médiatique des enjeux linguistiques au Québec. En effet, l’expression « déclin du français » s’est imposée dans les médias franco-canadiens entre 2017 et 2023, avec un pic manifeste en 2022, année marquée par la création du ministère de la Langue française et la campagne électorale de la CAQ.
Le graphique montre clairement l’évolution de ce traitement médiatique dans le corpus analysé ² : seulement 37 occurrences de l’expression « déclin du français » en 2019 et 2 263 en 2022 – soit une évolution de plus de 6000% en l’espace de seulement 3 ans. Cette « flambée médiatique » traduit une polarisation du débat public sur la langue : une tendance qui s’inscrit en continuité avec le discours caquiste sur l’insécurité linguistique.
Pourtant, les données de l’Office québécois de la langue française (OQLF) contredisent ce tableau alarmiste. Selon un rapport paru en 2022, l’usage du français dans les sphères publiques est relativement stable de 2007 à 2022 ³ : « En 2022, 79 % des Québécoises et Québécois utilisent le plus souvent le français dans l’espace public ». Mais l’émotion prend le dessus et l’idée d’un déclin devient cri identitaire. Cette crispation autour de la peur de disparaître s’inscrit dans une histoire propre aux nations minorisées ou sous-étatiques pour qui la langue agit comme substitut de la souveraineté politique.
Au Québec, où le projet national n’a jamais débouché sur l’indépendance, le français devient un marqueur quasi sacré : il symbolise à la fois la continuité historique, la différence culturelle et la résistance à l’assimilation dans un environnement majoritairement anglophone. La volonté affichée du Québec d’attirer des immigrant·e·s francophones révèle néanmoins un paradoxe frappant: le français y est conçu moins comme langue de partage que comme preuve d’appartenance culturelle et identitaire.
En ce sens, les francophones dont le français est un leg colonial, rappellent que cette langue n’est pas seulement une langue de filiation, mais aussi une langue imposée et réappropriée par les populations anciennement colonisées. En la parlant, les descendant·e·s de ces territoires déplacent son centre de gravité. Et ce déplacement bouscule un récit national qui se pense dominé dans l’espace nord-américain, mais qui tend à reproduire, envers d’autres, les logiques d’exclusion héritées du colonialisme.
En présentant l’immigration comme une menace à l’« identité québécoise », la CAQ instrumentalise ainsi l’idée du déclin pour légitimer des politiques de plus en plus stigmatisantes envers certaines populations immigrantes. On voit donc que les enjeux migratoires occupent une place centrale ⁴ dans les discours sur la survie du français.
Ce discours s’inscrit dans un nationalisme identitaire caractérisé par « un interventionnisme fort en matière d’immigration, de laïcité et de protection de la langue française ». Par exemple, avec les Loi 96⁵ et Loi 84⁶, le gouvernement ne se contente pas de renforcer le statut du français, mais affirme que l’intégration à la « nation » doit passer par l’adhésion aux « valeurs communes », dont la langue devient le marqueur d’une identité culturelle homogène. Ce virage identitaire s’exprime principalement à travers les politiques migratoires, et détourne l’attention des enjeux structurels susceptibles d’affecter la vitalité du français.
En effet, avant son arrivée au pouvoir en 2018, la CAQ promettait de réduire les seuils d’immigration de 50 000 à 40 000. Dès la première année de son mandat, le gouvernement a annulé subitement près de 18 000 dossiers de travailleurs qualifiés en cours de traitement en 2019. Entre 2019 et 2025, la CAQ a maintenu une trajectoire de resserrement tout en invoquant la nécessité de réformer le système de sélection⁷ avec une priorisation de l’immigration francophone⁸. Pour pallier le recul de l’immigration permanente, Québec, de concert avec Ottawa, a plutôt misé sur l’immigration temporaire afin de répondre, à court terme, aux besoins pressants de main-d’œuvre.
Le nouveau plan d’immigration 2026-2029 du Québec marque un tournant majeur dans la fermeture de sa politique migratoire. Ce plan se situe dans un contexte pré-électoral marqué par une baisse de popularité de la CAQ, où le gouvernement entretient « un récit anxiogène de submersion migratoire » alors même que les indicateurs démographiques et socioéconomiques (population vieillissante, pénurie de main-d’œuvre, pression sur les services publics, etc.) indiquent l’inverse. En restreignant les cibles d’immigration, le Québec se prive d’un levier pour son renouvellement démographique et sa croissance économique, au profit d’une stratégie politique et idéologique fondée sur l’insécurité identitaire.
Parmi les mesures restrictives récentes, citons :
- La limite annuelle des admissions permanentes à 45 000 (2025 : 61 000);
- La baisse du nombre de résidents temporaires de 13 % par rapport à 2024;
- L’exigence du français de niveau 4 pour le Certificat d’acceptation du Québec (CAQ) au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) pour les personnes qui ont cumulé 3 ans de travail au Québec;
- La fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), alors qu’il favorise une intégration rapide via un accès facile à la résidence permanente dans ces 2 volets (étudiants et travailleurs).
En associant dans son discours la protection du français à la réduction de l’immigration, il laisse entendre qu’un nombre élevé d’immigrant·e·s non francophones représenterait une menace pour la culture majoritaire. Ces nouvelles mesures restrictives n’apparaissent pas comme un simple arbitrage administratif dans la gestion migratoire, mais comme une mesure de défense identitaire. Cette posture est paradoxale puisque le Québec contrôle sa propre politique d’immigration. Depuis l’Accord Canada-Québec (1991), le Québec sélectionne les personnes, fixe les critères linguistiques et encadre la francisation, mais décide de réduire l’immigration permanente francophone tout en augmentant l’immigration temporaire pour pallier aux pénuries de main-d’œuvre. Pour ce faire, le gouvernement investit des millions de dollars⁹ dans de véritables « opérations de séduction » à l’étranger (Europe, Afrique et Amérique latine) pour recruter des « étrangers temporaires ». Le gouvernement reproche ainsi aux nouveaux arrivants les effets d’un système dont il maîtrise pourtant les règles.
Les incohérences d’un discours nationaliste identitaire
L’indicateur « la langue la plus souvent parlée à la maison »
Ce récit du « déclin du français » s’appuie également sur des indicateurs biaisés, comme celui de « la langue la plus souvent parlée à la maison ». En 2025, François Legault déclarait : « S’il n’y a plus personne au Québec qui parle français à la maison, ça veut dire que le français éventuellement va disparaître. ». Cette affirmation repose en réalité sur une lecture sélective des données. Selon l’Institut de la statistique du Québec (2024), le français reste largement partagé : 55 % des Québécois le parlent seul à la maison, et 91,8 % le parlent, en plus d’une autre langue.
Cet indicateur est trompeur : il ne mesure ni l’usage du français dans la vie publique ni l’ancrage à la société québécoise, seulement ce que les personnes parlent chez elles. En s’y appuyant, le gouvernement déplace le débat de la sphère publique à la sphère privée, comme si la survie du français dépendait de ce qui était dit dans les foyers.
Se fonder sur un tel indicateur revient à ignorer la diversité des parcours linguistiques au Québec et la réalité plurilingue des personnes immigrantes, et des Québécoi·s·e·s. Considérer l’unilinguisme comme une norme, exclut les personnes qui parlent le français en plus d’autres langues. Parler plusieurs langues à la maison ne fragilise pas le français : au contraire, cela renforce les capacités linguistiques et cognitives de la personne. Loin d’être une menace, le plurilinguisme constitue un atout cognitif, culturel et social.
Les paradoxes de la politique linguistique
Les mesures prises par le gouvernement révèlent d’autres incohérences. Au fil des années, on assiste à un resserrement de la politique linguistique. Par exemple, la Loi 96 impose aux immigrant·e·s un délai de 6 mois pour apprendre le français, sous peine de perdre l’accès à certains services. Une exigence irréaliste et insensible aux réalités du quotidien, aux expériences migratoires et au temps nécessaire à l’intégration d’une langue. Cette logique s’inscrit dans ce que Shiva Nourpanah (2021) décrit comme un système « just-in-time »¹⁰, où les politiques d’immigration sont continuellement ajustées pour répondre aux exigences du marché néolibéral. Cette instabilité crée des incertitudes dans les parcours migratoires et impose aux personnes immigrantes des exigences d’adaptation immédiates (comme l’apprentissage rapide du français). Elle marque une rupture non seulement avec les politiques des années 2000, mais aussi avec l’esprit même de la Loi 101, qui avait justement permis, dès la fin des années 70, de franciser les enfants des familles issues de l’immigration. Cette politique centrale reconnaissait le caractère graduel et intergénérationnel du processus de francisation.
Les contradictions ne s’arrêtent pas là. En 2024, la CAQ décide d’augmenter les frais de scolarité¹¹ pour les étudiants étrangers, en ciblant les pays non francophones. Le discours officiel invoque la protection du français, mais dans les faits il s’agit de combler le sous-financement du système d’éducation. Parallèlement, les étudiant.e.s français.e.s et belges francophones bénéficient d’une quasi gratuité en vertu d’ententes bilatérales. Une mesure qui résonne avec l’histoire d’une immigration « désirée », européenne et blanche. Et, met en lumière des dynamiques de pouvoir néocoloniales qui produisent des discriminations fondées sur l’origine géographique et ethnique, créant des inégalités d’accès à l’éducation et à la mobilité étudiante.
Une logique de tri d’autant plus manifeste que le gouvernement réduit les moyens pour accompagner la francisation¹²: les restrictions budgétaires ont fragilisé les services d’accompagnement, rendant l’apprentissage du français plus difficile pour les nouveaux arrivants. Parmi les personnes les plus touchées, on trouve les étudiant·e·s provenant des pays visés par la hausse des frais¹³. Pourtant, ce sont ces mêmes personnes à qui on reproche le déclin du français alors que les personnes en statut temporaire ont moins accès aux services de francisation. En fait, la logique consiste à créer un sentiment d’insécurité identitaire autour du français, puis à justifier un durcissement des politiques d’immigration en prétendant répondre à cette insécurité.
L’anglais comme exigence pour le marché du travail
Cette logique d’exclusion se manifeste aussi sur le marché du travail. Alors que la protection du français est présentée comme un impératif, 40 % des entreprises exigent un anglais fonctionnel à l’embauche (OQLF, 2023). Dans la région de Montréal, le revenu des personnes immigrantes est plus élevé pour celles qui utilisent l’anglais au travail, et celles qui travaillent uniquement en anglais gagnent 6% de plus que celles qui travaillent uniquement en français. La politique du gouvernement visant à faire du français la langue principale de travail se heurte à la réalité du marché du travail qui valorise le bilinguisme fonctionnel. Les personnes immigrantes qui ne maîtrisent que le français sont confrontées à des obstacles dans l’accès à des emplois de qualité.
Cet écart reflète la plus-value de l’anglais sur le marché du travail. Les personnes sont sélectionnées pour leur maîtrise du français ou sont francisées à l’arrivée, mais doivent aussi maîtriser l’anglais pour trouver un emploi. Cette incohérence crée des inégalités d’accès sur un marché compétitif et contribue à précariser les personnes qui ne correspondent pas à ces attentes. Cette incohérence soulève aussi une question plus large : pourquoi faire peser cette pression linguistique sur les personnes immigrantes ?
Qui sont les « vrais francophones » ?
La langue comme marqueur racial
En 2019, François Legault déclarait vouloir « davantage d’immigrants français et européens ». Cette préférence révèle une hiérarchisation raciale, qui s’exprime via la valorisation de profils migratoires perçus comme blancs et culturellement proches des « valeurs québécoises ». Cette phrase prononcée de façon quasi anodine alimente une vision ethno-nationaliste et assimilationniste de l’intégration, où la langue fonctionne comme un marqueur racial. Elle crée une séparation symbolique qui entretient l’idée que certaines personnes seraient « légitimes » et d’autres « suspectes ». En exigeant que les personnes immigrantes parlent français, tout en refusant de les considérer comme francophones parce qu’elles ne correspondent pas à l’image dominante, on participe à racialiser la langue et à normaliser l’exclusion de trajectoires non blanches.
Le rapport Pelchat-Rousseau¹⁴ (2025) confirme cette conception. Guillaume Rousseau, conseiller de la CAQ en matière de laïcité, écrit dans le Journal de Montréal, qu’il faut « réduire l’immigration et prioriser les Français » : derrière la défense du français se cache une hiérarchisation raciale des immigrant·e·s francophones. Mais, la francophonie ne se limite pas à la France continentale.
Redessiner la francophonie
L’Organisation internationale de la Francophonie, l’affirme dans son rapport sur la langue française dans le monde (2022) : près de 60 % des francophones dans le monde vivent en Afrique et au Proche-Orient, résultat d’une histoire coloniale. La francophonie est mondiale, plurielle et majoritairement africaine. L’immigration francophone du Québec reflète la réalité démographique de l’espace francophone : des francophones qui ne sont pas des « Français de souche »¹⁵. Ce décalage entre le fantasme d’une francophonie blanche et sa réelle composition montre un vrai enjeu : le problème n’est pas la langue, mais qui la parle.
Cette tension se répercute aussi sur la manière dont sont perçus les enfants d’immigrant·e·s au Québec. Bien que ces enfants maîtrisent le français, cela ne suffit pas à les reconnaître pleinement comme francophones, et on leur demande d’abandonner leurs langues maternelles. Alors que le plurilinguisme des enfants renforce leurs habiletés de communication et réduit les risques de retards d’apprentissage.
Pourtant, même si 90 % des familles immigrantes utilisent leur langue d’origine à la maison, seules 5 % des enfants de deuxième génération continuent à le faire (Statistique Canada, 2023). Permettre à ces enfants de communiquer avec leurs proches dans leur langue d’origine ne devrait pas être problématique. Les contraindre à rompre avec cette langue risque, à l’inverse, de créer une coupure affective dans leurs liens familiaux et perturber leur construction identitaire.
Protéger et valoriser le français ne devrait pas se traduire par l’acharnement à effacer d’autres langues, mais par la reconnaissance de cette pluralité qui enrichit la francophonie québécoise.
Conclusion
Les Québécois·e·s issu·e·s de l’immigration peuvent faire partie de la solution en matière de sauvegarde de la langue, mais ne peuvent pas porter la responsabilité d’une situation linguistique aussi complexe. Quand la langue opère comme régulateur des Autres elle rejoint d’autres instrumentalisations idéologiques telles que la laïcité et l’égalité de genre, qui servent à redéfinir les frontières de l’appartenance nationale, et à réaffirmer une identité majoritaire.
Ce que l’on présente comme une menace à la langue est avant tout une construction idéologique qui s’inscrit dans une rhétorique identitaire plus large où l’immigration est désignée comme responsable des crises sociales. Cette dérive participe à installer l’idée que les personnes immigrantes représentent un risque pour l’équilibre social et national. Protéger une langue ne devrait pas passer par la stigmatisation. Cela nécessite d’adopter une vision inclusive de la langue qui reconnaît la diversité des parcours pour bâtir l’appartenance et renforcer la cohésion sociale. C’est dans cette perspective qu’une francophonie décoloniale peut émerger comme un espace vivant loin de toute logique de domination.
Image d’en-tête : @gettyimages
¹ Les nations sous-étatiques sont des communautés nationales situées à l’intérieur d’un État (p. ex. le Québec, la Catalogne, l’Écosse, le Pays-Basque, etc.)
² Trois types de sources utilisées : articles de presse, productions télévisuelles et radiophoniques (format verbatim) et articles de médias sociaux. Les données ont été compilées dans la base EUREKA.
⁴ Therrien et Marcoux (2025) : plus de 2 000 occurrences du mot « immigration » ont été relevées sur un corpus de 805 articles, présentant l’immigration comme la principale menace à la langue.
⁵ Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français (2022).
⁶ Loi sur l’intégration à la nation québécoise (2025).
⁷ 2018 : lancement du portail Arrima où la sélection se fait par déclaration d’intérêt. 2019 : la Loi 9 (Loi visant à accroître la prospérité socio-économique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes) annule 18 000 demandes en traitement et fait d’Arrima le principal outil de sélection. L’immigration devient un mécanisme d’ajustement au marché du travail. Sous couvert d’efficacité, ce système renforce une logique utilitariste où les profils sont évalués selon leur rentabilité économique, amplifiant ainsi les inégalités d’accès à la résidence permanente.
⁸ La maîtrise du français est l’un des critères les plus déterminants.
⁹ Officiellement nommées les “Journées Québec”. Par exemple, pour la période 2023-2024 : le Québec prévoyait investir plus de 7,3 millions de dollars pour le recrutement d’immigrant·e·s temporaires. https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/recrutement-international-quebec-continue-de-donner-des-leviers-aux-employeurs-47142
¹⁰ Logique qui réduit les personnes immigrantes à une main-d’œuvre temporaire destinée à répondre aux besoins immédiats du marché, et construit des catégories de travailleurs et travailleuses interchangeables dont la présence sur le territoire est conditionnée à leur utilité économique.
¹¹ Hausse de 33% pour les étudiants canadiens non-résidents du Québec (de 9 000 à 12 000 $ par an) et tarif plancher de 20 000 $ pour les étudiants étrangers (hors France et Belgique francophone).
¹² Plusieurs centres de services scolaires ont subi une réduction de 90% de leur offre de cours de francisation due aux coupures gouvernementales. Une décision discutable au regard de la demande croissante des besoins en francisation.
¹³ Les coupes ont entraîné la suppression des allocations pour les étudiants à temps partiel, ce qui a réduit leur motivation à suivre les cours. Le gouvernement a ainsi limité l’accès à la francisation pour de nombreuses personnes ayant à concilier emploi, études et obligations familiales.
¹⁴ Rapport intitulé « Pour une laïcité québécoise encore plus cohérente: Bilan et perspectives », destiné à faire un bilan sur l’application de la Loi sur la laïcité de l’État (Loi 21), adoptée en 2021.
¹⁵ Les estimations du nombre de « francophones » varient selon la définition retenue (langue d’usage, capacité à s’exprimer, scolarisation en français, etc.) et selon l’année; à titre indicatif, en combinant l’estimation de 68,508 M de francophones en France (OIF, 2022) avec l’estimation de 348 M de francophones dans le monde en 2025 (Francoscope/ODSEF), on obtient une proportion d’environ 19,7%
Références bibliographiques
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Gagnon, A., Xhardez, C., & Bilodeau, A. (2025). La dimension identitaire du nationalisme de la CAQ : L’affirmation des frontières imaginées de la nation québécoise. Canadian Journal of Political Science, 1–15. https://www.cambridge.org/core/journals/canadian-journal-of-political-science-revue-canadienne-de-science-politique/article/la-dimension-identitaire-du-nationalisme-de-la-caq-laffirmation-des-frontieres-imaginees-de-la-nation-quebecoise/6D61075084035669596E99203B9AED13?utm_date=20250923&utm_id=1758634115&utm_campaign=CJP,Open%20Access&utm_source=bluesky&utm_medium=social&utm_content
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Journal de Québec. (2022). Français: «Suicidaire» d’accueillir plus de 50 000 immigrants par an pour la nation québécoise, selon Legault. Journal de Québec. https://www.journaldequebec.com/2022/09/28/declin-du-francais-suicidaire-daccueillir-plus-de-50-000-immigrants-par-an-selon-legault
Journal de Québec. (2022). Langue parlée à la maison: les libéraux accusent Legault de s’inviter dans les chaumières. Journal de Québec. https://www.journaldequebec.com/2022/06/01/langue-parlee-a-la-maison-les-liberaux-accusent-legault-de-sinviter-dans-les-chaumieres
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